Le fameux problème de 8 h 30 !!!!!!

 

Certains enfants ne savent pas jouer du violon ;

D’autres sont doués en dessin mais pas très bons en calcul.

Certains jouent du piano, mais pleurent comme des bébés ;

D’autres quittent facilement leur maman mais ne savent pas jouer de la trompette…

Alexine, elle, ne savait pas dire au revoir !

Tous les matins, depuis qu’elle était à la crèche, elle devait, comme tous les enfants se séparer de sa maman…

Mais Alexine n’y arrivait pas…c’était le fameux problème de 8h 30 !

Voici comment cela se passait :

Alexine arrivait à la crèche, les yeux collés par terre …

Le personnel de la crèche disait :  » Bonjour, Alexine ! ». Et Alexine regardait le bout de ses souliers vernis.

Puis maman proposait :  » Je vais te lire une histoire et ensuite j’y vais. Une seule, n’est-ce pas ? »

Et maman attrapait un petit livre et s’asseyait sur la toute petite chaise en bois.

Alexine aimait beaucoup cela. Maman sur la petite chaise de la crèche ça lui rappelait l’histoire des Trois Ours. Et puis surtout, elle avait l’impression que maman pouvait se faire petite, si petite qu’elle aurait pu se transformer en petite souris et se cacher dans un coin de la crèche…Et ça ce serait drôlement chouette…Lorsque Alexine aurait besoin d’un câlin avant la sieste ou bien lorsqu’elle est contrariée par un copain, eh bien elle irait chercher la petite maman dans un trou de souris ».

C’est sans doute pour cela qu’Alexine n’aimait pas que maman sorte de la petite chaise en bois. Alexine disait :  » non ! Encore… » Et maman restait…Elles faisaient un jeu…Ensuite Alexine demandait à faire de la pâte à modeler : maman faisait une tarte au fraise, mais après la tarte au fraise, il fallait la mettre au four, puis la laisser refroidir, puis la couper et la manger… Alexine n’aimait pas interrompre le jeu en pleins milieu. Maman soupirait et disait enfin  » Je te préviens Alexine, après c’est terminé ! Après nous nous disons au revoir, d’accord ? »

Et tout ça nous menait au moins jusqu’à 8h 40, au plus tôt…

A vrai dire, je pense que ni Alexine, ni maman n’avaient envie d’arriver à ce moment de l’au revoir. C’était un instant difficile où Alexine pleurait, criait, où elle offrait une superbe crise de pleurs à sa maman. Parfois il fallait même que maman décolle Alexine de sa robe, l’arrache d’elle-même et la confie à un personnel de la crèche…

C’était un moment qu’elle détestait…

 

La séparation est un sujet qui est au cœur de l’accueil en crèche, et auquel parents et enfants sont confrontés chaque jour.

Chaque séparation est différente.

La séparation à la crèche : que cela implique-t-il ? Comment comprendre les réactions de pleurs des enfants ? Et surtout comment les accompagner en tant que parents, et en tant que professionnels ?

Se séparer : ce que ça implique ?
Cette séparation n’est pas anodine, à la fois pour le parent et pour l’enfant.

 

  • Ce que cela signifie pour le parent :

 

Pour le parent, c’est confier son enfant à d’autres personnes. Vivre l’absence, faire confiance…

  • Ce que cela signifie pour l’enfant :

Aussi petit soit-il, le bébé se rend compte de ce changement de vie.

Les enfants sont de véritables « éponges émotionnelles », et leurs réactions dépendent bien souvent de ce que peut ressentir le parent en l’amenant à la crèche.

Ainsi, les premières séparations peuvent chambouler enfants et parents, mais avec le temps, un accompagnement adapté, il n’y a pas de raison pour que cela se passe mal. Chacun finira par s’y retrouver, même si cela peut prendre du temps pour certains.

Les réactions à la séparation et les changements de réactions

Il n’est pas toujours évident de choisir le bon moment pour commencer ces séparations

Trois périodes critiques de séparation jalonnent le développement psychoaffectif du bébé : 4, 8 et 12 mois.

Les nourrissons :

En général, les nourrissons ne réagissent pas à la séparation… sauf s’ils ressentent de fortes angoisses venant du parent. Néanmoins, il existe une période pendant laquelle le bébé peut se mettre à réagir à chaque séparation, alors qu’il ne le faisait pas avant…cette période se situe entre 7 et 9 mois en général. Elle correspond à ce que l’on appelle « l’angoisse du 8ème  mois » (théorie mise en lumière par René Spitz).

« L’angoisse du 8ème mois » :

A cet âge-là, en effet, il y a une maturation du cerveau de l’enfant, qui l’amène à une prise de conscience de l’autre, et du coup des séparations. Quand il voit disparaître un objet ou une personne de son champ de vision, cela signifie pour lui que cet objet ou cette personne n’existe plus. Un parent qu’il ne voit plus est pour lui un parent qui a disparu pour toujours, d’où son angoisse.

Les plus grands…
Pour les enfants plus grands que nous accueillons, chacun a des réactions différentes. Certains, n’auront pas de difficultés à se séparer, alors que d’autres, marqueront la séparation avec des pleurs, cris… de manière impressionnante.                        Pourquoi l’enfant réagit- il ainsi ? Tout simplement parce que se séparer ce n’est pas évident, à la fois pour lui et pour le parent.

Un enfant qui ne marque pas ou plus la séparation ne veut pas dire qu’il ne la marquera pas plus tard. Il y a parfois des retours en arrière, durant lesquels l’enfant pleure de nouveau à la séparation. Et puis, cela dépend des jours… Comme nous adultes, certains jours, l’enfant se sent « bien » et gère moins bien le stress de la séparation. Il y a des périodes ou des jours où c’est plus difficile

Comment accompagner les séparations ?

 

Expliquer la situation à son enfant  quel que soit son âge:

« Je te laisse pour aller au travail, mais les dames de la crèche vont s’occuper de toi. Je reviendrai ce soir te chercher, et je penserai à toi pendant toute la journée ». Ces mots rendront la séparation plus douce, car  « la parole reste quand celui qui l’a prononcé a disparu », disait Françoise Dolto.

Avant de venir à la crèche

Il est important sur le trajet ou à la maison de prévenir son enfant qu’il va aller à la crèche pour la journée, que papa / maman va le confier car il doit aller travailler ou qu’il a des choses à faire.

Au moment de la séparation…

 

  • Bien prévenir l’enfant de son départ en lui disant « au revoir ».

 

  • Une fois la séparation faite, il est important de ne pas revenir.

 

  • Il est nécessaire aussi d’accepter que son enfant pleure.

 

  • Le temps de la séparation ne doit être ni trop court ni trop long.

 

Par le biais des jeux…
Certains jeux peuvent aider à se représenter la séparation, et à la vivre pour mieux l’appréhender.

Les jouets de « caché / coucou »

Ou de la Bricolothérapie…

« La Bricolothérapie » ou Bricolage Thérapeutique est un concept introduit en 2012 par la psychologue Sophie JUANES-LAPLAZE, mais qui pourra sembler familier. Celui-ci consiste à offrir aux personnes en souffrance « un support plus concret pour exprimer leurs difficultés, pour matérialiser celles-ci au travers d’une création ». C’est parfois difficile de s’exprimer avec des mots. Il est alors courant chez le psychologue d’avoir recours au dessin, au jeu…                                                          La Bricolothérapie emprunte un peu de ces deux médiums en employant un nouveau moyen d’expression : le bricolage.      Attention, il ne s’agit pas de bricoler pour bricoler, mais « de construire quelque chose qui a du sens, en lien avec ses problèmes ». Pour les plus petits ou les plus en difficultés, l’adulte est bien évidemment amené à l’assister dans cette construction, voire, à faire le plus gros du travail, mais c’est bien la personne qui doit donner du sens à la création.

N’allez surtout pas croire que la Bricolothérapie est réservée aux enfants en souffrance psychologique, elle est au contraire un excellent moyen d’aider toutes les personnes de 0 à 99 ans (et plus encore !)  à surmonter leurs petits tracas du quotidien.

La création n’a rien de magique en elle-même. Mais le simple fait d’avoir agi activement contre sa souffrance aide la personne à la surmonter, à la dépasser. Le processus de création est ainsi tout aussi important que l’objet fini.

Si l’on devait conclure en ne gardant qu’une idée : soyez sereins, et votre enfant le sera !

 

 

 

       

1-   Prendre une feuille de papier et dessiner ce que vous souhaitez réaliser

2-   Prendre un bout de tissu de la taille de votre choix

3-   Imprimer les photos sur la feuille de transfert photo depuis votre imprimante (attention lors de l’impression à bien mettre dans les paramètres d’impression de l’imprimante «  Impression textile » afin que l’impression se fasse en miroir surtout si vous avez écrit du texte)

4-   Repasser les photos sur le tissu

5-   Décorer à l’aide des feutres, tampons…

6-   Demander à votre enfant de finaliser le tout avec sa touche personnelle et expliquez lui le sens de cet objet

7-   Prenez le à chaque séparation et donnez le lui au moment de la séparation

En savoir plus :

A lire
• Les Etapes majeures de l’enfance, Françoise Dolto (Gallimard, 1994)
• Votre enfant de la naissance à 3 ans, Anne Bacus (Marabout, 2008)
• Élever bébé, Marcel Ruffo et Christine Schilte (Hachette Pratique)
• Le Défi des mères, Anne-Marie et Isabelle Filliozat (Dervy, 1995)
• La nounou, nos enfants et nous, Emmanuelle Favre Ray et Ety Buzyn (Albin Michel, 2004)

A lire à votre enfant

 

 

 

 

 

 

« La séparation à la crèche »

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